Comment les aéroports empêchent-ils les drones indésirables de pénétrer dans leurs espaces aériens ?

Vous vous souvenez peut-être qu’en décembre 2018, des centaines de vols ont été annulés à l’aéroport de Gatwick à Londres, à la suite de rapports faisant état de repérage de drones à proximité de la piste. À l’époque, la police avait déclaré que, bien que les drones n’aient pas été liés au terrorisme, ils avaient été pilotés comme un acte délibéré de perturbation, en utilisant des drones de spécification industrielle. Cependant, cela a amené de nombreuses personnes à se demander ce que feraient les autorités si cela se reproduisait avec l’intention de nuire.

Drones et espaces aériens: les restrictions

Tout d’abord, il convient de noter que les drones sont considérés comme des aéronefs.  Pour des raisons de sécurité, il est illégal de faire voler un drone dans un espace aérien sensible.

Pour reprendre l’exemple du Royaume-Uni, cela représente jusqu’à cinq kilomètres autour d’un aéroport ou d’un aérodrome.  Depuis mars 2019, et il est également interdit de voler à 120 mètres d’altitude, car cela augmente le risque de collision avec un aéronef habité. Mettre en danger la sécurité d’un avion est une infraction pénale, qui peut entraîner une peine de prison de cinq ans.

Aux États-Unis, vous devez vous trouver à au moins 8 km pour piloter sans avoir à informer la tour de contrôle de votre activité. Si vous prévoyez de vous rapprocher, vous devez en informer l’exploitant de l’aérodrome ou la tour de contrôle. Pour savoir exactement où se trouve l’espace aérien réglementé des cartes interactives sont disponibles. La FAA peut infliger de lourdes amendes pour des sanctions civiles et/ou pénales.

En France, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) a développé plusieurs outils visant à rendre plus accessible l’information aéronautique, afin d’aider les télépilotes dans la préparation et la gestion de leur vol.  La carte Restrictions pour les drones de loisir du Géoportail de l’institut géographique national (IGN) permet au pilote de loisir d’identifier les zones d’interdiction de vol ou de restriction de hauteur.

La règlementation drones varie donc d’un pays à l’autre. Nous vous recommandons de vérifier régulièrement les mises à jour de la règlementation en vigueur dans votre pays ainsi que les outils à votre disposition.

Peut-on empêcher les drones de survoler les zones faisant l’objet de restrictions ?

En principe, oui, mais en pratique, ce n’est pas facile. Ces aéronefs sont souvent trop petits pour être détectés par les radars traditionnels. Cela signifie qu’ils doivent souvent être repérés à l’œil nu et que toute action visant à les arrêter est lente et imprécise.

Des systèmes de brouillage radio peuvent être utilisés pour perturber les drones à une portée de deux kilomètres. Ces appareils arrêtent les signaux utilisés par les télécommandes. Lorsqu’ils sont activés, ils déclenchent la fonction intégrée de retour à la maison d’un drone, lui permettant d’atterrir en toute sécurité.

En outre, de nombreux drones sont également équipés d’un logiciel de géorepérage (géofencing en anglais), qui empêche les pilotes de les faire voler dans des espaces aériens sensibles, tels que les aérodromes, les bases militaires, les parcs nationaux. Néanmoins, des personnes désireuses de provoquer des perturbations pourraient contourner cela en construisant leur propre drone.

Quelles sont les solutions de lutte anti-drone?

Des dispositifs technologiques – certains aérodromes ont mis en place des outils de neutralisation de niveau militaire. Ces outils comprennent des systèmes de radar et d’imagerie thermique à 360°, ainsi que des systèmes de brouillage multi-fréquences très puissants. L’aéroport national Ronald Reagan à Washington DC dispose par exemple d’un système de brouillage radio de 55 560 mètres pour neutraliser les drones qui entrent dans son espace aérien.

Des dispositifs physiques – neutraliser un drone par une arme à feu est déconseillé. Cela présente le risque que des balles de tir perdues atterrissent dans des endroits imprévus et que les drones qui tombent puissent aussi causer des dégâts.
Aux Etats-Unis, l’armée a lancé l’expérimentation d’armes équipées d’un laser qui peuvent suivre et neutraliser les drones en plein vol, ce qui pourrait être utile lors d’une attaque terroriste.

D’autres solutions sont également à l’essai : comme par exemple la technique du filet.  Des drones chasseurs peuvent poursuivre un drone indésirable et tirer un filet à distance variable pour capturer le drone illicite en plein vol.  Cette technologie présente l’avantage de neutraliser la cible en l’attrapant, évitant ainsi une chute à la verticale sur la foule.
Des aigles sont également utilisés pour intercepter les drones. Dans une vidéo spectaculaire partagée par l’armée française, vous pouvez voir des rapaces attraper habilement des drones en plein vol.

Les enjeux évoluent très vite alors que l’utilisation commerciale des drones est en plein essor et ouvre la question de cybersécurité.

Nous espérons que vous avez trouvé cet article instructif. Si vous avez des questions sur les drones, veuillez laisser un commentaire dans la section ci-dessous, et consulter des articles similaires ici :