Comment fonctionnent les applications de traçage COVID-19 ?

Alors que Apple et Google viennent d’annoncer qu’ils intégreront directement le traçage (tracking en anglais) dans les futures versions d’iOS et d’Android de leurs smartphones, faisons le point sur ces applications conçues pour permettre aux personnes de savoir si elles ont été en contact étroit avec une personne qui, plus tard, est testée positive à la Covid-19.

De nombreux pays en Asie et en Europe ont déployé des solutions de tracking des individus via leur smartphone.  GPS, Bluetooth ou encore reconnaissance faciale : les technologies utilisées sont variées, et l’objectif affiché par les pays qui y recourent est la lutte contre la propagation de la Covid-19. À Singapour, par exemple, l’application appelée TraceTogether a été déployée par le gouvernement et a été téléchargée plus de 2 300 000 fois depuis mars 2020 dans l’espoir de créer une réponse « communautaire » au virus.

Le fonctionnement de ces applications varie selon les pays, mais elles utilisent les principes de base décrits ci-dessous.

  • Les utilisateurs téléchargent l’application.
  • Celle-ci fonctionne alors en arrière-plan du téléphone, détectant périodiquement lorsqu’un autre téléphone équipé de l’application est à portée via Bluetooth et à quelle distance les deux appareils se trouvent l’un de l’autre.
  • L’application enregistre de façon anonyme les détails de l’autre téléphone pendant un nombre de jours déterminé.
  • Si un utilisateur développe des symptômes de type COVID-19, il les signale dans l’application. Une série de questions cliniques lui sont posées.
  • Les réponses sont ensuite analysées par un programme d’intelligence artificielle (IA). Si l’IA décide que les symptômes atteignent un certain seuil pour être déclaré positif à la Covid-19, cette personne doit s’isoler pendant 14 jours.
  • L’IA analyse ensuite les contacts que la personne symptomatique a enregistrés dans l’application afin de déterminer le risque potentiel d’infection pour chacun. Les personnes considérées comme ayant eu un contact « à haut risque » avec une personne présentant des symptômes de la Covid-19 reçoivent alors une alerte les informant qu’elles doivent s’isoler pendant 14 jours.

Centralisé ou décentralisé

Dans le cadre d’une approche centralisée de la recherche, la correspondance des contacts se fait sur un serveur informatique chiffré et distant. Les organismes de santé publique ont également accès à ces données anonymes, pour voir où apparaissent les zones à haut risque d’infection.

Cependant, il est important de préciser que les données collectées étant anonymes, les personnes contactées ne sauront pas qui peut avoir transmis le coronavirus, ce qui protège leur identité.

En revanche, la version décentralisée exécute le processus sur les téléphones eux-mêmes. Cela signifie qu’il n’existe pas de base de données centrale pouvant être utilisée pour réidentifier les personnes et révéler avec qui elles ont passé du temps, car les données n’existeront pas.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les laisser dans la section commentaires ci-dessous.